Histoires de foot

Top 10 – Les penalty dans les OM-PSG

Plus d'une fois, un penalty a changé la face des rencontres entre Parisiens et Marseillais. Retour sur les plus marquants. Cruauté quand tu nous tiens...

Quand la désignation du petit point blanc au milieu de la surface par l’arbitre vient changer le cours d’une rencontre OM-PSG. Retour sur dix penalty qui ont marqué l’histoire récente du classique français.

10- Ronaldinho, 26 octobre 2002, PSG 3 – 0 OM

La tornade Ronaldinho

Tout le monde se souvient du récital de Ronnie au Vélodrome en mars 2003 lors du succès historique (0-3) des parisiens à Marseille. Pourtant, l’acte de naissance du prodige brésilien au PSG a lieu quelques mois tôt, lors d’un autre récital contre l’OM, avec le même score, 3-0.

Après un bon début de saison sous les ordres d’Alain Perrin, les marseillais se rendent au Parc avec l’ambition de ramener un résultat. « Vous entrez dans une zone de turbulences » les prévient pourtant une banderole du kop de Boulogne (ndlr : en référence au sponsor maillot de l’OM cette année-là, Khalifa Airways, une compagnie aérienne algérienne). Les turbulences, c’est Ronnie qui les fait ressentir à la défense marseillaise: passements de jambe, dribbles chaloupés, tout y passe. A la 15ème minute, sur un coup-franc excentré, il envoie le ballon directement dans le petit filet de Runje pour l’ouverture du score.

A la 37ème minute, c’en est quasiment fini des espoirs marseillais quand Runje accroche Ogbeche et offre un penalty au PSG… que se charge de transformer Ronnie pour un doublé mérité. Cardetti viendra conclure la fessée à la 81ème pour un 3-0 saignant.

9- Zlatan Ibrahimovic, 21 mai 2016, OM 2 – 4 PSG

Zlatan, terreur nocturne de Mandanda

Le parcours en coupe de France, seule éclaircie dans la morne saison des marseillais, terminée à une pitoyable 13ème place. Et évidemment, les ciel et blanc ont perdu leur double confrontation face au PSG. A l’heure de retrouver les parisiens au Stade de France pour la finale, rares sont les supporters marseillais qui osent ne serait-ce que rêver de la victoire. Ils tombent carrément en dépression quand Matuidi ouvre le score dès la 2ème minute. Néanmoins, ce but (et la peur de se faire atomiser) pique les marseillais dans leur orgueil qui réalisent alors une belle première période et égalise au quart d’heure de jeu par Florian Thauvin. 1-1 partout à la mi-temps, 45 minutes à jouer, tout à coup tous les espoirs sont de nouveau permis.

Ces espoirs sont réduits à néant dès l’entame de la seconde mi-temps, puisqu’à la 46ème, N’Koulou est pris par le dribble de Matuidi et le fauche dans la surface, penalty pour le PSG. Le tireur, vous le connaissez, il en rate rarement, et va de nouveau se charger d’inscrire celui-ci en prenant Mandanda à contre-pied. 2-1 pour le PSG, Zlatan a remis les siens sur la voie du succès. Paris s’envole ensuite très largement avant que Michy ne réduise l’écart en fin de match.

Pour le PSG c’est un nouveau triplé, pour les marseillais, une saison de plus sans trophée.

8- Zlatan Ibrahimovic x2, 4 octobre 2015, PSG 2 – 1 OM

3 minutes, 2 penalty, emballé c’est pesé

C’est un OM bien mal en point qui se présente au Parc pour cette 9ème journée du championnat. Bielsa parti après la 1ère journée, c’est désormais sous la houlette de Michel que se trouvent les marseillais, et on ne peut pas dire que les résultats soient très probants. Avant ce match, l’OM reste sur une série de 4 matchs sans victoire en championnat. Rares éclaircies dans ce marasme, Lassana Diarra qui apporte de la sérénité au milieu de terrain et Michy Batshuayi qui commence à enfiler les pions. Pourtant, l’OM refuse de subir, joue haut et parvient à ouvrir le score à la 30ème par Michy.

Hélas, face à un adversaire du calibre du PSG, jouer haut signifie forcément laisser des espaces derrière. Et puisque la charnière N’Koulou-Rolando est à la rue, Mandanda se retrouve esseulé face à Zlatan et le percute à l’entrée de la surface, penalty partie 1. Le suédois se fait justice lui-même en le transformant pour revenir à un partout.
Trois minutes plus tard, penalty, partie 2, quand Rolando touche le ballon de la main lors d’un duel avec le même Zlatan. Même sanction, même résultat, le suédois s’en charge de nouveau (après l’avoir retiré puisque ses partenaires étaient entrés dans la surface avant la frappe) la sentence.

3 en 1 pour Ibra qui redonne l’avantage à son équipe avant la pause, inscrit son là son 100ème but avec le PSG et devient ainsi le meilleur buteur de l’histoire du club.

7- Abdel Aziz Barrada, 4 octobre 2015, PSG 2 – 1 OM

Pour vous rappeler qu’Adbel Aziz Barrada a joué à l’OM

Même match, second acte. Malgré les deux coups de massue reçues sur la tête en fin de première période, les marseillais ne se résignent pas et poussent en début de seconde. Barrada parvient à obtenir un penalty à la 55ème lorsqu’il est fauché par Aurier dans la surface. Une occasion rêvée pour les marseillais de repartir de la capitale avec autre chose qu’une défaite. Plutôt que de penser à cela, Barrada et Batshuayi se disputent à qui va le tirer, le marocain a le dernier mot.

Certainement déconcentré par cette passe d’arme, il voit son tir croisé repoussé par un Kevin Trapp inspiré. Tant pis pour les marseillais, qui ont laissé passer leur chance et ajoutent un 5ème match sans succès à leur (triste) série.

6- André Ayew & Zlatan Ibrahimovic, 6 octobre 2013, OM 1 – 2 PSG

Le début de la catastrophe pour l’OM

Le PSG, en version Qatari depuis 2 saisons, fait désormais figure d’épouvantail pour toutes les autres équipes du championnat. Malgré la toute puissance parisienne, l’OM n’a pas encore cédé au Vélodrome contre son rival. Après une belle victoire (3-0) en novembre 2011 (ndlr : dernière victoire en date de l’OM contre le PSG) et un exaltant match nul en octobre 2012 (2-2, doublé de Zlatan et doublé de Gignac), les marseillais comptent remettre ça lors de cette 9ème journée. Après un bon début de match, les phocéens pensent que le sort choisit leur camp à la 34ème minute quand Thiago Motta manque un contrôle dans la surface et sous la pression de Valbuena, provoque un penalty. M. Turpin se laisse d’ailleurs abuser par la réaction démesurée du lutin marseillais qui se roule par terre et expulse Motta. André Ayew se charge d’envoyer un missile sous la barre d’un Sirigu qui avait plongé à ras de terre. 1-0 pour l’OM et l’heure qui reste à jouer en supériorité numérique, la confiance se fait sentir dans les travées de l’enceinte du boulevard Michelet. Sauf que…

Sauf que les marseillais s’endorment complètement sur leurs lauriers et voient les parisiens revenir au score avant la mi-temps par l’intermédiaire de Maxwell.
Comme punis de cet excès de confiance, c’est également sur penalty que les hommes d’Elie Baup vont laisser filer la victoire. Sur un coup-franc lointain, Ayew déséquilibre Marquinhos et laisse le soin à Zlatan Ibrahimovic de prendre Mandanda à contre-pied et de continuer son récital face à l’OM. Tel est pris qui croyait prendre.

5- Mamadou Niang & Pedro Miguel Pauleta, 10 septembre 2006, PSG 1 – 3 OM

Des pénos, des pénos, encore des pénos

En ce début de saison 2006-2007, les arbitres ont de nouvelles directives, tous les accrochages dans la surface de réparation sur coup de pied arrêté (même les plus légers) doivent être sanctionnés d’un penalty. Lors de l’exécution des penaltys, il est demandé aux arbitres de faire systématiquement retirer s’il y a un seul autre pied que ceux du tireur dans la surface au moment de la frappe (ndlr : on leur demande une application stricte de la règle alors qu’il y avait une certaine tolérance depuis des années). C’est donc une farandole de penalty qui précède ce classique français: deux seront sifflés (et à retirer) dans les vingt premières minutes. L’OM est leader au moment de se rendre au Parc et clame de légitimes ambitions, au vu de son effectif solide, renforcé par l’arrivée de Djibril Cissé au mercato estival, et surtout car Pape Diouf a réussi à conserver Frank Ribéry, qui avait pourtant dit haut et fort son envie de rejoindre l’OL durant l’été.

Dès la 7ème minute, sur un corner en faveur de l’OM, M. Bré voit un accrochage sur Mamadou Niang et indique le point de penalty. Le Sénégalais s’occupe de le transformer la sentence en trompant Mickaël Landreau, en deux temps, puisque sa première tentative est bien évidemment donnée à retirer par Stéphane Bré qui voit l’ombre d’un joueur pénétrer dans la surface.

A la 22ème minute, scénario inversé, sur un corner parisien, un nouveau penalty est sifflé pour un accrochage minime. Pauleta le transforme en deux temps, puisque sa première tentative est également donnée à retirer. A la différence près que Carrasso avait stoppé la première tentative du portugais, ce qui le fait hurler de rage lorsqu’il s’aperçoit que l’arbitre laisse une seconde chance à l’attaquant parisien.
Après deux penaltys imaginaires, les deux équipes sont de nouveau dos à dos. Ils sont tout à fait symboliques des deux premiers mois de cette saison 2006-2007, durant lesquels un nombre incalculable de penaltys ont été sifflés, avant que les arbitres ne prennent leurs responsabilités et arrêtent cette mascarade.

4- Samir Nasri, 10 septembre 2006, PSG 1 – 3 OM

Le minot fait taire le Parc

On est dans ce même match de début de saison 2006-2007, mais tout autre contexte. Durant la seconde mi-temps, l’OM accentue sa domination, avec les commandants Nasri et Ribéry en charge des opérations. Depuis qu’il a décidé de rester à l’OM, ce dernier est en grande forme et fait des ravages sur le côté droit de la défense parisienne, gardée par le pauvre Bernard Mendy. A la 67ème, sur une énième accélération, Ribéry sert Niang qui est fauché par un vilain tacle de Yepes, les deux pieds en avant, dans la surface. Penalty indiscutable. Nasri le minot prend ses responsabilités et se présente face à Landreau. Sa frappe croisée peu puissante à mi-hauteur est repoussée par Landreau, mais personne ne suit, à part Nasri lui-même qui suit bien et pousse la balle au fond du pied gauche avant d’exulter devant le parcage marseillais. Ce sera l’unique but du petit prince de Marseille face au rival parisien.

En redonnant l’avantage aux siens, Nasri met les siens sur la voie d’un succès mérité. En fin de match, la note sera alourdie par l’increvable Ribéry qui dépose une nouvelle fois Bernard Mendy avant de déposer un caviar sur le plat du pied de Pagis. A l’issue de cette 5ème journée et à la faveur de son succès au Parc, l’OM s’offre le droit de passer la trêve internationale en tête du championnat, avec 13 points.

3- André Luiz, 10 février 2002, PSG 1 – 1 OM (7 tirs au but à 6)

L’arrêt des fesses

Duel au sommet des huitièmes de finale de cette coupe de France 2002, parisiens et marseillais se retrouvent au Parc des Princes. Comme le tease TF1 qui diffuse la rencontre, le choc s’annonce prometteur car « Paris est magique, mais Marseille est unique ». Coaché par Luis Fernandez, le PSG a cette année-là une équipe taillée pour le titre. Même si Nicolas Anelka, ne s’entendant pas avec son entraîneur, a décidé de traverser la Manche pour rejoindre Liverpool durant le mercato hivernal, l’effectif parisien reste plus que compétitif (Letizi, Heinze, Pochettino, Déhu, Ronaldinho, Okocha, Fiorèse, Aloisio…). De son côté l’OM, malgré le retour aux affaires de Bernard Tapie, vit une saison plus que compliquée. Deux changements d’entraîneur, un effectif en manque de talent, une équipe qui ne parvient pas à se sortir du ventre mou du classement et une élimination prématurée en coupe de la Ligue. Dès lors, la coupe de France reste le seul moyen pour les marseillais de sauver leur saison et de viser une éventuelle qualification européenne. A la surprise générale, l’OM dicte le tempo en première période, sous la houlette de son maître à jouer, André Luiz. Juste avant la pause, suite à une mésentente avec Déhu, Alonzo est contraint d’accrocher Alfonso dans la surface, penalty. L’occasion rêvée pour les marseillais de voir leur domination récompensée. André Luiz s’empare du ballon et envoie une frappe puissante, à ras de terre, au milieu du but… Alonzo ne s’est pas laissé prendre à contre-pied et stoppe la tentative du brésilien, grâce à son postérieur après avoir ralenti le ballon du pied. Les marseillais viennent de laisser passer une belle occasion de concrétiser leur bonne première période au Parc.

2- Daniel Van Buyten, 10 février 2002, PSG 1 – 1 OM (7 tirs au but à 6)

C’était avant que Daniel Van Buyten ne devienne une icône à Marseille

Suite du match. Et malgré l’échec d’André Luiz, l’OM ne se laisse pas abattre et finit par ouvrir le score à la 67ème quand le brésilien, encore lui, dépose un coup-franc au premier poteau sur la tête du défenseur central belge, Daniel Van Buyten. Les phocéens se font néanmoins rejoindre en toute fin de partie quand Gabriel Heinze trompe son portier Vedran Runje de la tête à la 87ème.

Après des prolongations qui ne donnent rien, c’est aux tirs au but que se joue la rencontre. Pas de vainqueur après les cinq premiers tireurs, place à la mort subite. Le PSG mène 7 à 6, c’est à Van Buyten de s’élancer pour maintenir son équipe en vie. Il ouvre son pied, envoyant un ballon à ras du sol sur la gauche d’Alonzo qui se détend et repousse la tentative et qualifie Paris pour le prochain tour, laissant l’OM, malgré son très bon match, à sa morne saison.

1- Fabrizio Ravanelli, 8 novembre 1997, PSG 1 – 2 OM

Qui a dit que les Italiens avaient tendance à simuler ?

Et le numéro uno, le plus célèbre, le plus fameux, le plus controversé, celui qui reste dans toutes les mémoires, mais surtout en travers de la gorge des supporters parisiens. En ce dimanche 9 novembre 1997, c’est un Paris Saint Germain leader qui accueille son rival marseillais. Après deux années au purgatoire et une saison en demi-teinte en tant que promu, l’Olympique de Marseille retrouve des ambitions et peut compter sur une équipe compétitive en cette saison 1997-1998. Ils n’ont d’ailleurs que 3 petits points de retard sur les parisiens lorsqu’ils se rendent au Parc des Princes. Après un début de match en faveur des marseillais, Xavier Gravelaine (ndlr: alors marseillais, entre ses deux séjours parisiens, entre autres) ouvre le score au quart d’heure de jeu. Les joueurs de la capitale reviennent dans le match et Jerôme Leroy égalise à la 33ème minute, renvoyant les deux équipes aux vestiaires sur un score de parité. C’est à la 65ème minute que l’issue de ce derby se décide. Après avoir dribblé Rabesandratana sur le côté gauche, Fabrizio Ravanelli pénètre dans la surface, suivi de près par le défenseur parisien… et s’écroule. L’arbitre Jean-Claude Puyalt désigne le point de penalty, persuadé que Rabesandratana a accroché l’attaquant marseillais. Encore aujourd’hui, la vérité reste floue. Les supporters parisiens crient au scandale et sont convaincus que l’italien rusé s’est fait un auto croc en jambe pour duper l’arbitre. Les autres diront qu’il est possible qu’il se soit fait légèrement accrocher, ce qui, à pleine vitesse, peut suffire à le déséquilibrer. Vous pouvez regarder une énième fois les images dans la vidéo ci-dessous, impossible de se faire une opinion définitive sur le sujet.

Qui a le droit, qui a le droit, qui a le droit de faire faute ?

Pour Laurent Blanc, le tireur marseillais, qu’importe ces considérations, il exécute la sentence, trompe Revault et offre un succès précieux à son équipe qui revient à hauteur de la première place du classement.

À propos Robin

Le football, c'est comme un iceberg, si on ne le regarde qu'à travers le prisme des résultats, on n'en voit que les 15% émergés, et on en rate l'essentiel: le jeu, les histoires, la dramaturgie, la construction d'une victoire, les rapports de force qui se défont au cours d'un match. Bref, tout ce qui fait que le football n'est pas une passion mais bien plus que cela!

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