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Tottenham: l’année d’après, l’année de la consécration?

La saison dernière, Tottenham a pour la première fois de son histoire atteint une finale de Ligue des Champions. S'en relever n'est pas chose aisée. Encore moins pour un groupe fort d'une grande stabilité...

A regarder de près le début de saison de Tottenham, il semblerait que cette année soit celle de trop pour Pochettino et ses hommes. Celle où les saveurs européennes de la saison passée ont marqué un trop plein d’émotions pour un groupe qui est allé au bout de ses projets, de sa longévité. Car avec deux matchs nuls et deux défaites en sept matchs de Premier League, un match nul en Ligue des Champions face à un Olympiakos tout à fait prenable et une élimination en Coupe de la Ligue face à un club de quatrième division, le départ de cette saison fait craindre des jours sombres au clinquant Tottenham Hotspur Stadium.

Pour autant, derrière ce départ en dents-de-scie se cachent des motifs d’espoir pour les supporters des Spurs. Et si finalement cette année ne serait pas la consécration de la Team Pochet ?

Un parcours de Ligue des Champions éprouvant et formateur

Cette team Pochet a gagné de l’expérience l’année passée, au terme d’une campagne européenne de toute beauté. Et pourtant qu’elle fût dure au début. Car les Spurs ne sortent de la phase de poule que grâce à la différence de buts particulière sur l’Inter Milan. C’est alors qu’ils décident de passer la seconde pour se qualifier tranquillement face à Dortmund, et se coltinent Manchester City en ¼ de finale pour un des matchs les plus épiques de la saison. Après l’avoir emporté 1-0 à l’aller chez eux, ils perdent 4-3 au terme d’un match fou ponctué par un but refusé de Sterling à la 93ème minute de jeu. Merci la VAR !

Son qui peut

Cette folie va les accompagner en demi-finales. Après avoir perdu le match aller à domicile 1-0 face à l’Ajax et avoir été mené 2-0 chez les Bataves à la mi-temps, Lucas Moura va dégoter un triplé d’on ne sait où, avec en prime le dernier but inscrit à la 96ème minute. Certes les Spurs vont perdre en finale face à un Liverpool au-dessus (0-2), il n’empêche que personne ne les attendait à ce niveau et encore moins de cette manière.

Or les groupes réagissent différemment après des émotions fortes, notamment dans les compétitions reines. Didier Deschamps aimait à insister sur la valeur du France-Ukraine de 2013, et la qualification peu probable des Bleus après la défaite 2-0 du match aller (victoire 3-0 au retour avec un doublé de Mamad Sakho). Une qualif qui agira comme un ciment et marquera un épisode fondateur pour son groupe. Groupe qui ira jouer une finale de l’Euro trois ans après et gagner une Coupe du Monde cinq ans après s’il est nécessaire de le rappeler.

Pour les clubs, les données peuvent être différentes, car les effectifs et les variables sont beaucoup plus divers, mais pour autant on constate que sur les 11 dernières années les finalistes malheureux de Ligue des Champions se relèvent relativement bien l’année suivante. Sur la scène européenne, on comptabilise ainsi deux victoires, deux demi-finales et quatre quarts de finale sur les onze précédentes éditions. Idem en Championnat, où aucun des onze finalistes n’a fini au-delà de la 3ème place.

Des finalistes inspirés

Cela met bien en exergue un élément fondamental avancé dans toutes les victoires européennes : l’expérience du haut niveau, des matchs à enjeu et de la pression. Or, les Spurs ont montré que leur effectif, dont la plupart l’estimait en-deçà des autres cadors continentaux, avait le talent et la force mentale de battre ces mêmes cadors et de renverser des montagnes. S’il y a bien quelque chose qui manquait à Tottenham c’était cela, car le reste elle l’a : un effectif cohérent et complet, un staff talentueux et méticuleux, et un stade et un public aux nouvelles dimensions, au niveau de l’ambition portée par Daniel Levy, le président du club.

Un effectif, un staff et un stade pour un premier titre en douze ans.

Ce qui frappe le plus lorsque l’on regarde l’effectif de Tottenham c’est la constance des dernières années. Les grands noms de l’effectif, ceux qui permettent à l’équipe de finir dans le top 4 depuis 4 ans, restent, alors même que les plus grands clubs européens les courtisent.

Des vieux de la vieille

Selon les observateurs du club londonien, cette longévité est à mettre au crédit de l’entraîneur M. Pochettino et de son staff. L’argentin sait développer une réelle relation de confiance avec ses joueurs, tout en imposant une rigueur aux entraînements qui permet à Tottenham d’éprouver plusieurs systèmes de jeu. Cela a pour effet de non seulement conserver les meilleurs joueurs, mais en plus d’évoluer dans des dispositions différentes en cours de match grâce à un effectif qui se connait et qui est capable de répondre aux exigences tactiques du coach argentin.  

La grosse interrogation de ce groupe se situd plus dans le niveau global de jeu, qui, à certains postes, pourrait faire défaut. En achetant les services de Ndombele, Lo Celso et Ryan Sessegnon cet été, et en conservant le reste de l’effectif, à l’exception de Trippier et Llorente, les Spurs se sont octroyés le droit de rêver à plus grand. Avec un Aurier plus constant, un Dele Alli, un Eriksen et un Kane à l’apogée, ou presque, de leurs carrières, un Son qui ne fait que monter, et une défense centrale et un goal de vieux briscards, ces nouvelles recrues, jeunes et complémentaires, portent en elles la capacité de ramener le premier titre à Tottenham depuis la Carling Cup de 2008.

La réception à domicile dans le nouveau stade dénommé Tottenham Hotspur Stadium est un autre facteur de réussite pour les Lilywhites. Outre les avantages naturels à jouer dans un nouveau stade, énorme, puisqu’il est le troisième plus grand d’Angleterre (derrière Wembley et Old Trafford), ce retour chez soi présente un avantage comparatif au stade de Wembley où Tottenham a évolué pendant presque trois saisons entières. En effet, la pelouse de Wembley présente des dimensions plus importantes que le nouveau stade, ce qui a pour effet de plus exposer les équipes, telles que Tottenham, qui effectuent un pressing haut et soutenu ; et une herbe plus grasse, plus tendre, qui ne sied pas au jeu tout en transitions rapides des Spurs. La saison dernière, Tottenham n’a gagné qu’un match de plus à domicile qu’à l’extérieur.

Un nouveau coq pour un nouveau stade

Or, cette force à domicile est nécessaire pour continuer à viser le haut du classement en Angleterre. En témoigne la saison précédente, lorsque City gagnait 18 de ses 19 matchs à l’Etihad Stadium quand Liverpool ne perdait aucun match de Premier League à Anfield. Une autre conclusion qui peut être tirée des précédentes saisons : le manque de points gagnés face aux autres poids lourds du championnat (7 points glanés sur trente possibles face au reste du top 6 la saison dernière !).

C’est précisément la cohérence et la constance de l’effectif, appuyé par l’apport des nouvelles recrues qui peut permettre d’aller gagner face aux ténors anglais ; quand dans le même temps le nouveau stade sera un plus pour permettre de faire trembler quiconque se déplacera à l’ex-White Hart Lane.

Dans ces conditions, le top 4 en Championnat est largement atteignable. La première place est déjà sans doute hors de portée tant les Reds semblent intouchables. Ce qui laissera aux Spurs tout l’espace pour ramener une coupe à la maison, à voir si elle est domestique ou affublée de grandes oreilles.

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