Carte blanche

Et si Ronaldo et Messi n’avaient pas existé

Chez les observateurs, le débat pour savoir qui de Ronaldo ou Messi est le G.O.A.T est quotidien. Il existe certainement un monde parallèle dans lequel ces deux extra-terrestres n'existent pas. Voyons ce que ça donne.

« C’est CR7 le plus fort », « Non, c’est Messi, il est plus élégant »… « Mais non enfin, ne vous engueulez-pas! Pensez plutôt à la chance qu’on a de pouvoir assister à un tel spectacle »… Pas un jour ne passe sans que l’amoureux de foot n’entende ou ne lise l’une de ces trois phrases. Alors plutôt que de relancer le débat, imaginons un monde -certes terrifiant- dans lequel ni l’un, ni l’autre n’existe. Anarchie ou nouvel ordre mondial ? Sûrement un peu des deux.

15 octobre 2004. On joue la 81ème minute du derby catalan entre l’Espanyol et le FC Barcelone. L’entraîneur blaugrana Franck Rijkaard veut faire souffler son meneur Deco. Numéro 30 dans le dos, c’est un jeune issu de la Masia qui entre en jeu.

Deux ans plus tôt, le 29 septembre 2002, à 1200 bornes de là, les supporters du Sporting ont eux aussi le privilège d’assister aux débuts d’une légende qui allait devenir « le plus grand joueur de l’histoire du foot portugais », comme le prophétisait Laszlo Bölöni.

Depuis plus de quinze ans, Cristiano Ronaldo et Léo Messi écrasent sans pitié la planète foot de leurs crampons. Avec eux, leurs équipes ont tout gagné et à un Modric près, ils ont raflé tous les trophées individuels. Les records s’empilent un peu plus tous les ans.

S’ils n’avaient pas existé, les cartes du foot européen et mondial auraient été sans nul doute totalement rebattues. Fiction.

  • Drogba gagne la Champions en 2008 et concurrence un peu plus Eto’o comme plus grand joueur africain de sa génération (de l’histoire ?). Par contre, il ne revient toujours pas à l’OM en fin de carrière
  • Quand on tape « Ronaldo » sur Google Image, il n’y a qu’un seul footballeur, il a les dents du bonheur et rien, n’y personne, ne vient effriter son héritage.
Légende: légende
  • Sans le quadruplé historique de Messi contre Arsenal en 2010, les Gunners croient en leur chance pour la victoire finale en C1. Mais finalement non, il n’en sera rien. Parce que c’est Arsenal quoi.
  • En 2012, avec ses 24 buts, Falcao finit meilleur buteur de la Liga. Bravo à lui, c’est un joli score (Messi et Ronaldo, c’est respectivement 50 et 46 buts cette année-là, un monde d’écart). D’ailleurs, après un passage d’une petite saison à Monaco, l’ancien matelassier signe chez le rival.
  • Sneijder et Iniesta soulèvent tous les deux le trophée individuel ultime . En revanche, et malheureusement pour lui, Ribéry se fait voler la vedette par Zlatan. Le triplé de l’attaquant pour qualifier la Suède à la Coupe du monde en barrages contre le Portugal a fait la différence dans la dernière ligne droite. Pauvre Francky…
  • Privée des quatre buts de son prodige en poule, l’Argentine sort piteusement dès le premier tour de la Coupe du monde 2014. Et ce sont les Pays-Bas qui échouent pour la deuxième édition consécutive en finale. La Mannschaft était de toute façon trop forte; à l’image d’un Neuer impérial, qui remporte le Ballon d’Or. Une première pour un gardien depuis 1963 et le mythique Lev Yachine.
  • Avec KB Nueve pour l’épauler, Kakà pète la forme et permet au Real de faire deux doublés Coupe-Championnat de suite. Il marque pour de bon le club de son empreinte avec ses 102 buts en un peu moins de cinq ans. C’est avec le sentiment du devoir accompli mais sans Ligue des champions qu’il rejoint Sao Paulo en 2014.
  • La Juve reconquiert (enfin) le trône européen en 2015. En finale, elle se débarrasse facilement du PSG (3-0) qui en profite pour prendre du galon. Depuis, les Franciliens ne quittent plus le dernier carré et s’installent progressivement comme un grand d’Europe. Buffon ne les rejoint jamais.
  • La France remporte SON Euro en 2016 et Griezmann le Ballon d’Or. L’humilité n’étant pas son fort, elle échoue en finale du Mondial russe face à la génération dorée de la Belgique. Hazard, au Real depuis deux ans, hérite du Ballon d’Or. Le seum change de camp et Végédream aussi « Axel Witsel, Thomas Meunier, on est enseeeeemble ».
Cour-toit du monde
  • Dybala prend le numéro 10 avec l’albiceleste et devient le dépositaire du jeu argentin. Malheureusement, les problèmes défensifs des ciel et blanc sont trop profonds et ça, la joya ne peut rien y faire.
  • Pendant ce temps, Pauleta est toujours le meilleur buteur de l’histoire de la Seleçao avec ses 47 buts qui semblent inaccessibles.
  • Zizou ne gagne pas de Ligue des champions. Au lieu de ça, il cède aux sirènes envoûtantes du projet des Girondins de Bordeaux. Il leur apporte de la régularité, une Coupe de France et deux qualifications de suite en Europa League. Ce succès, il le doit aussi au légendaire Cheick Diabaté autour duquel tout son projet de jeu s’oriente et à son pote de toujours, Duga, dont la carrière dans le monde des médias s’arrête prématurément. Parce que Duga, c’est pas Zizou.
  • Sous le joug de l’intraitable Mourinho, de retour, le Real finit par remporter la fameuse Decima en 2017 grâce à un Gareth Bale intenable tout au long de la saison (41 buts, 11 passes).
  • L’Atlético de Simeone est enfin récompensé de sa régularité au haut niveau. Dans son nouveau Wanda Metropolitano, ne faisant qu’une bouchée d’un Liverpool trop tendre, les Colchoneros soulèvent la Coupe aux grandes oreilles. Après l’Europa League en 2018, La LdC en 2019, Grizou part l’esprit tranquille rejoindre son pote Paul Pogba à United
Un fier matelassier
  • Pendant ce temps, Raùl est toujours le meilleur buteur de l’histoire de la Champions (71), talonné de très près par son héritier, Karim Benzema (66).
  • Exemple de régularité et professeur de danse officiel de la Liga, Neymar fait du Barça son équipe. La transition avec Xavi et Iniesta est assurée, le Brésilien et son numéro 10 blaugrana se promènent semaine après semaine en enchaînant petits ponts et virgules. Il est plus que jamais favori à un Ballon d’Or 2019 qui lui semble promis. Le meilleur joueur du monde, c’est lui.
  • Pendant ce temps-là, César Rodriguez est toujours le meilleur buteur de l’histoire du club catalan avec 232 buts[1]
  • M’Bappé, Joao Felix, Vinicius… tous ces jeunes cracks ne jurent que par leurs idoles: Wayne Rooney, Luis Suarez, Hazard et Kakà.
Quelle icône quand même


[1] Au 19 septembre 2019, Messi avec le Barça, c’est 603 goals

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