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PSG: la fête est finie

Le retour de Leonardo aux commandes du PSG, associé aux propos de Nasser dans la presse, marque un tournant dans la direction du PSG. Le projet a une occasion en or de mûrir pour ne pas reproduire les erreurs de ces huit dernières années. Il est temps d'avoir du caractère et d'exploiter les énormes ressources parisiennes.

Le supporter parisien a mal depuis quelques temps déjà. Son cœur bleu et rouge saigne alors même que son histoire n’a jamais été aussi auréolée de titres, victoires et records battus. Le paradoxe du vainqueur d’une lutte inégale sur la scène nationale où les titres ne sont quasiment plus des objectifs mais des acquis. Le paradoxe de déconfitures à répétition sur le terrain européen, où les ingrédients semblent être réunis pour parvenir à décrocher enfin les étoiles mais où le plat servi est une bouillie, une mélasse qui emprisonne les joueurs, les dirigeants et les supporters.

Les séquelles d’un mauvais départ

Les torts sont partagés et prennent leurs sources à l’origine du projet. Parmi les premiers signaux, certains étaient erronés, portés par un diagnostic de la situation biaisé. Afficher haut et fort une ambition européenne dès le début a été le péché originel. S’installer dans les meilleurs clubs européens ne se fait pas en deux ou trois ans. Pour s’asseoir à la table des grands, il faut avoir été confronté aux meilleurs. L’apprentissage doit se faire petit à petit et naturellement. L’objectif premier aurait dû et doit toujours être le championnat. Le deuxième la Coupe de France. Après c’est du bonus.

Cette ambition affichée qui se voulait auto-réalisatrice était une erreur hier et constitue aujourd’hui un échec. Dans la même veine, le limogeage de Kombouaré à l’arrivée des qataris alors qu’il était en tête du Championnat pour installer un grand nom sur le banc, celui d’Ancelotti, était un défaut de jugement. Le signal envoyé était nauséabond et mettait en avant l’image d’un entraîneur, d’un nom, aux dépens de l’identité du club et des résultats sportifs nationaux. Car Kombouaré était un ancien joueur de Paris, ce que n’est pas Carlo Ancelotti.

L’époque où le PSG pliait le Real Madrid

Cette prévalence de l’affichage sur la cohérence du projet crée une distance, un écart avec les racines du clubs. Liée à une ambition trop rapide, trop forte, immature, c’est l’âme du club et de ses joueurs qui est atteinte. Pourtant c’est bien un supplément d’âme qui a manqué aux parisiens ces dernières années en Ligue des champions. Et particulièrement lors des traumatismes de Barcelone et de Manchester. Ce supplément d’âme, c’est ce petit plus qui rend les joueurs concernés, prêts à tout, jusqu’à bout, pour ne pas perdre. Cette tension qui appelle à la lucidité chez les grands joueurs et ce dévouement chez les guerriers. Pour être un tueur, il faut aimer, et l’amour se construit autant qu’il se subit.

Une histoire passée à mettre en avant

Or, pour construire l’amour d’un club, il faut que celui-ci s’inscrive dans une histoire, dans une identité, dans un rapport à l’autre. Cette histoire peut être naturelle, fruit, notamment, d’une certaine longévité. Mais elle peut être accentuée, exacerbée lorsque le temps passé manque ou que le futur presse. En l’occurrence, l’histoire relativement courte du club parisien rend nécessaire cette construction identitaire. Faire appel à des anciens joueurs fait partie des moyens à disposition pour y parvenir.

Un Leonardo, comme un Kombouaré, sont des anciens joueurs du PSG de la grande époque des années 1990. Ce PSG avait du caractère. Ce même caractère qui a cruellement fait défaut durant les dernières campagnes européennes. Les Maxwell, aujourd’hui conseiller sportif, et autres Thiago Motta, qui vient de démissionner de son poste d’entraîneur des U19, sont également passés directement des terrains à l’organigramme du club. Oublions donc les Antero Henrique ou les Kluivert pour faire confiance à des personnalités qui ont des raisons d’être attachés au club.

Cet attachement est primordial puisqu’il conditionne le lien et le rapport d’une part des supporters à leur équipe, et d’autre part du reste du monde à l’institution. Cette perception qu’ont les gens d’un club le définit également. Et pour que cette perception soit positive, que le lien soit fort, il faut également que les joueurs aient un rapport particulier au club. D’où l’importance de la présence de parisiens dans l’effectif professionnel. On dit souvent que l’Île-de-France est le meilleur terreau de talents footballistiques au monde. L’opportunité pour un club qui ambitionne d’être dans le gotha européen est grande d’avoir à la fois des bons joueurs et des locaux.

L’Île-de-France ou l’eldorado du football

Le pari de la jeunesse et de la formation était et est toujours à accentuer à Paris. Car qui dit joueur ayant grandi en région parisienne, dit souvent jeune portant un maillot du PSG aux entrainements du mercredi. Si la renommée et l’histoire ne suffisent pas à créer les conditions d’un investissement permanent, l’attachement territorial et affectif peut ici être mis en valeur.

Un amour de titi

La fuite des talents parisiens vers d’autres clubs européens a obligé la direction à manœuvrer en interne pour renforcer ce pôle. La nomination de Luis Fernandez en tant que directeur sportif du centre de formation en 2017 en est le résultat. Mais le départ de Motta, associé aux départs annoncés de Bertrand Reuzeau, manager général du centre et celui de Laurent Huard entraîneur des U17, interroge sur la capacité d’un staff aujourd’hui inconnu à mener un chantier d’ampleur. Il le faudra pourtant, et si besoin, en s’inspirant des grands clubs européens.

Pour autant, l’approche de l’entraineur parisien Tuchel sur ces questions peut rendre les supporters optimistes. Au-delà du grand nombre de blessures ayant émaillé l’effectif la saison passée, l’Allemand n’a pas hésité pas à faire confiance aux jeunes pousses que sont les Dagba, Diaby (parti outre-Rhin), N’Soki et aux titis que sont Areola, Kimpembe et au début de saison, Rabiot. La titularisation des jeunes étant le meilleur moyen de pérenniser leur présence au club, la fin de la fuite des talents pourrait bien voir le jour d’ici peu.

Mais un effectif doit se penser dans son ensemble. Et que Leonardo reprenne la main sur la direction sportive, et donc le mercato, est un signal encourageant. Il n’a fait qu’une saison au PSG en tant que joueur mais fait partie de la famille, et même de cet avorton qatari dont il aura été le premier directeur sportif. Non seulement son CV apporte des réponses aux maux ciblés des parisiens, mais son flair et son équilibre sur le marché peuvent réorienter le recrutement de façon salvatrice. Exit les énormes transferts à 200M. Reregardons vers l’Italie pour commencer. Il y a été chercher Marquinhos, Verratti, Pastore, Cavani, entre autres, soit tous les joueurs préférés des supporters, ceux qui montrent le plus de détermination et d’envie.

Ces joueurs sont actuellement l’ADN du PSG et le seront pour les années à venir. Dans cet ADN, le dévouement est primordial pour continuer à aller chercher des titres. La récente sortie de Nasser dans France Football insiste sur la nécessité pour tous les joueurs de tout donner pour le maillot, pour le club.

Cette interview, il aurait dû la donner il y a quelques années. Cette primauté de l’Institution avec un grand « i » sur le joueur, il aurait dû la graver dans l’esprit de tous depuis sa prise de fonction. Mais lui aussi doit apprendre. Avec Leonardo, on reprend les mêmes mais on ne recommence pas. Il faut du temps pour devenir grand. Rome ne s’est pas faite en un jour, le PSG non plus.

1 comment on “PSG: la fête est finie

  1. Salut,

    Leonardo devra trouver les bonnes formules pour que le PSG puisse remporter la C1 à l’avenir. En tant que supporteur des Parisiens, je consulte souvent des sites de sport comme : https://live.clicnscores.fr pour connaître les dernières actus du club de la capitale. Je pense que le directeur sportif italien devra convaincre Neymar de rester à Paris, car il est sans aucun doute indispensable en attaque.

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