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La Ligue des Nations: la fausse mauvaise idée ?

Nous y voilà. C’est remplis d’interrogation que nous nous apprêtons à assister au Final Four de la Ligue des Nations: quatre nations vont s’affronter sur un modèle demi-finale / finale pour soulever le premier trophée de l’histoire de cette compétition. Mais que faut-il attendre pour cette grande première ?

Terminé les équations, la lecture des règlements ou autres questions que l’on n’ose pas poser. C’est l’heure d’en découdre. Début 2018, l’UEFA a sorti de son chapeau un tournoi censé revêtir plus d’intérêt que les matches amicaux, permettant à des « petites nations » de jouer l’Euro. Bon, vu d’ici, ça a plus l’air d’une collecte de droits TV qu’une compétition internationale. Toutefois, on n’est pas à l’abri de voir quelque chose de bien.

La Ligue des Nations, un intérêt artificiel ?

Avec la Ligue des Nations, l’UEFA organise un évènement clairement plus mercantile que sportif pour griller la politesse à la CAN et à la Copa America dans la course aux droits TV. C’est là l’impression étrange qu’on a devant cette nouvelle compétition et son usine à gaz. Ce sentiment latent est accentué par le fait qu’à la fin de la semaine, malgré la désignation d’un vainqueur, les enjeux portés par la Ligue des Nations ne seront pas encore tous résolus. En effet, les vainqueurs de groupe de chaque division auront encore quelque chose à jouer: ils peuvent aller chercher une qualification à l’Euro. Le droit au barrage obtenu par leur résultat en Ligue des Nations leur offre cette chance, si toutefois ils ne se sont pas qualifiés directement lors des éliminatoires.

L’Europe des 55 à la sauce UEFA

Le temps de se relever de cette incompréhensible règle, on voit assez vite l’impasse dans laquelle se trouve le projet. Il est difficile de faire cohabiter au sein de la même compétition trois mini tournois et 43 équipes se disputant trois places de barragiste à l’Euro, et un autre mini tournoi lors duquel un « vrai » trophée est disputé par les seules douze équipes de la Division A. L’UEFA a beau avoir essayé de mettre en avant « les petits », on voit bien comment la Ligue des Nations est à deux vitesses. Rares seront les diffuseurs internationaux à vouloir prendre le risque de diffuser des Kosovo-Malte quand il y aura le même soir un France-Allemagne ou un Espagne-Croatie.

Enfin, d’un point de vue physique et sportif, le fait de créer un enjeu, de générer une adversité supplémentaire, doit être digéré par les joueurs, encore un peu plus sollicités. Pour rassurer les clubs, l’UEFA argue du fait que cela ne fera pas de match supplémentaire. Pourtant, jouer une compétition internationale n’a rien à voir avec une tournée de matches amicaux. Demandez aux prestigieux participants de l’International Champion’s Cup si les matches ont la même intensité qu’en Coupe d’Europe… Ceci étant dit, la Ligue des Nations est bel et bien là. Il faut reconnaître que les matches qualificatifs pour le Final Four ont été plus intéressants que les purges amicales habituelles. Alors trouvons quelques raisons de s’enthousiasmer et d’espérer que la Ligue des Nations ne soit pas qu’un prétexte économique.

Pour cette première édition, il est donc fondamental que les joueurs s’investissent totalement et jouent le jeu, comme ils l’ont fait dans les phases de qualification. Ces derniers doivent créer un engouement, une histoire et une culture à cette compétition. On espère donc que la présence de compétiteurs comme CR7 soit contagieuse. A un an de l’Euro, il sera en outre intéressant d’avoir une photographie du niveau de quatre probables participants qui sont tous à un tournant de leur histoire récente.

Un casting à la hauteur

En gagnant la coupe à domicile, le Portugal se ferait un doublé européen encore jamais vu et se donnerait quelques certitudes pour l’après Ronaldo. Le capitaine de la Seleção qui va disputer sa 10ème compétition internationale n’est pas éternel et l’heure est à la transition. Les Bernardo Silva, Cancelo, Guerreiro vont devoir prendre la relève en attendant l’éclosion de jeunes hyper prometteurs comme João Félix – retenu par Fernando Santos -, Diogo Jota ou Rafael Leão.

Les Lusitaniens seront opposés à l’invité surprise, la Suisse, qui a gagné la place qui semblait devoir revenir à la Belgique dans le Final Four. La Nati a l’air moins armée que les autres pour aller chercher le premier trophée international de son histoire. D’autant qu’il faudra battre l’hôte portugais. Mais dans un sport où l’incertitude est si forte, qui sait ? Au pire, la fédé suisse pourra se consoler avec, au minimum, les sept millions d’euros qui reviennent au dernier du tournoi.

Dans l’autre moitié de tableau se trouve tout d’abord l’Angleterre. La perfide Albion estime avoir totalement réussi sa Coupe du monde et rêve de continuité pour pouvoir ramener la coupe à la maison. Le groupe de Southgate, sans grande surprise, exception faite de la non-sélection de Trippier, est jeune (24,95 ans de moyenne d’âge) et bourré de talent. Les Three Lions retrouvent leur appétit et se construisent une équipe qui a la dalle.

Plus personne dans le rétro de Sterling

Suffisamment pour croquer les Pays-Bas et leur hype ajacide ? Les Oranjes sont en tout cas en train de se bâtir eux aussi une équipe bien sympathique. Outre les prodiges amstellodamois (De Jong, De Ligt, Van de Beek), les fantasques Babel, Promes et Memphis sont également là. Et bien qu’irréguliers, ces joueurs sont tout de même gages d’une certaine sérénité offensive. Wijnaldum et l’infranchissable Virgil Van Dijk, tout fraîchement vainqueurs de la Ligue des champions ne seront peut-être pas au summum de leur forme mais constituent des acteurs de premier plan qui seront attendus. Le défenseur pourrait d’ailleurs profiter de l’occasion pour asseoir un peu plus sa candidature au Ballon d’Or. Mais pour les Pays-Bas de Ronald Koeman, cette Ligue des Nations est surtout l’occasion de confirmer officiellement leur renaissance après s’être sortis d’un groupe composé des deux derniers champions du monde.

Si tout ce petit monde se met à envisager la compétition comme un grand galop d’essai de l’Euro 2020, on pourrait bien en tirer certains enseignements et observer de nombreux jeunes talents en action (Sancho ou Félix par exemple). Et puis, si ça se trouve, l’événement sera devenu absolument incontournable dans vingt ans, alors autant lui donner une chance dès aujourd’hui.

À propos Yannick

Un jeu de tête à la Valbuena, un pied droit à la Robben. J'aime Giorgio Chiellini et je maîtrise le Pack Office.

1 comment on “La Ligue des Nations: la fausse mauvaise idée ?

  1. Bonjour,

    Perso, je ne m’attendais pas à ce que les Pays-Bas s’inclinent contre le Portugal en finale de la Ligue des nations. Selon moi, ils ont manqué de réalisme lors de ce match.

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