Carte blanche

L’abécédaire de la saison 2018-2019 de Ligue 1

Vous avez raté la saison 2018-2019 de Ligue 1 ? Pas grave, voilà tout ce dont il faut se rappeler pour briller en société sans trop se fouler.

A comme Amour
Emiliano Sala et son papa nous ont quittés cette année. Mais plutôt que de revenir sur de si terribles circonstances, profitons de l’occasion pour rappeler à quel point le monde du foot a été beau et combien il a été solidaire. Les témoignages d’affection et les messages de sympathie ont déferlé de partout pour honorer Sala et soutenir la maison jaune. Point d’orgue de cet hommage, le match à la Beaujoire contre Saint-Etienne, le premier après la tragédie. L’ambiance était presque aussi émouvante que les larmes de Vahid. Et tout cela faisait du bien. Merci.

C’est un argentin qui ne lâche rien

B comme Binôme
Sans un hiver compliqué, Montpellier aurait certainement été européen l’année prochaine. Malgré tout, les héraultais ont réalisé une super saison, bien au-delà des espérances affichées. Si 2018-2019 est une réussite totale, c’est avant tout parce que leur duo d’attaque Laborde-Delort a très bien tourné. Arrivés au club l’été dernier, ils ont effectué une saison pleine (36 matches chacun) et ont signé à eux deux 25 buts et 11 passes. Bien aidés par l’ami Mollet, on serait curieux de revoir ce trinôme l’année prochaine.

C comme Crocos
Les Crocos avaient promis de ne pas se renier au moment de leur accession dans l’élite et de jouer avec le même allant que la saison précédente. Les hommes de Bernard Blaquart ont tenu parole et se sont maintenus avec un certain panache. Les performances de joueurs comme Téji Savanier, meilleur passeur de L1 avec 13 caviars –dont 9 sur coups de pied arrêtés-, ou Renaud Ripart vont donc offrir au stade des Costières une deuxième saison de suite en L1. Bien ouej.

D comme Double-double
Seuls deux joueurs finissent la saison avec au moins 10 buts-10 passes décisives. L’Argentin Angel Di Maria (12-11) et l’Ivroirien Pépé (22-11) réussissent cet exploit. Mentions honorables à Thauvin (16-8) et Depay (10-8) pas loin non plus. En revanche, s’il partait sur des bases affolantes (15-7), Neymar n’aura joué que trop peu de match – 17(!) – pour lui aussi figurer en double-double. Ce n’est que partie remise pour l’année prochaine.

E comme Ennui
L’auteur-interprète Youssoupha écrivait dans 21 grammes : « Mon meilleur atout reste la médiocrité des autres ». C’est un point commun qu’il a avec les Girondins de Bordeaux qui sortent d’une saison hyper ennuyeuse et pathétique dans les résultats (seulement 10 victoires). Pour se consoler, les supporters peuvent se dire que leur nouveau président va leur mettre à disposition des buvettes et des stands à merguez neufs. Ça devient inquiétant les Girondins…

L’œil du Tigre

F comme Fekir ou comme Flotov
Les deux champions du monde ont eu cette saison un rendement insuffisant. La faute à la fatigue post-Coupe du Monde ? Peut-être. Toujours est-il que l’on attendait mieux d’eux ; ces deux joueurs devaient progresser cette année, ça n’a pas été le cas. Alors bien sûr statistiquement, ça roule encore pour Flotov mais ses absences dans les rendez-vous importants se sont encore plus remarquées cette année. Même chose pour Fekir dont la fragilité du physique pousse à se demander s’il peut vraiment passer le cap que son talent lui autorise. Un petit gâchis pour deux joueurs dans la force de l’âge.

G comme Gilets jaunes
Qu’est ce qui est jaune et qui a décalé de nombreuses affiches de L1 ? Le mouvement des gilets jaunes bien sûr ! Les révoltés du samedi ont en effet marqué le championnat de France de leur empreinte. Si de nombreux groupes de supporters se sont vus interdits de déplacement, les « GJ » auront tout de même eu un impact positif sur la Ligue 1 : ils ont donné à tous les Pep Guardiola en herbe une excuse pour avoir terminé piteusement à la 7ème place de leur ligue MPG. « Ouais, mais vas-y aussi, j’ai été privé de Naïm Sliti pendant deux matches ! ».

H comme Hégémonie
Si on peut reprocher au PSG ses performances notoirement désastreuses en Ligue des champions, impossible de contester l’hégémonie parisienne en Ligue 1 Conforama. Terminant définitivement dans le fauteuil de leader dès la 33ème journée avec globalement une certaine aisance (un record de 14 victoires consécutives et minimum un pion par match), on pourra cependant déplorer sa fin de saison en demi-teinte et un manque d’implication dans les coupes.

I comme Incompréhensible
Incroyable, impossible mais surtout incompréhensible fût le raté de Choupo-Moting lors de la 31ème journée de Ligue 1 face à Strasbourg. Le PSG aurait pu être champion dès ce match-là mais le Camerounais en a décidé autrement. Ovni de ce championnat, recrutement improbable, Choupo fait bien marrer le vestiaire parisien. Ce soir-là, ce fût la planète football dans son ensemble qui rigola. La nouvelle star planétaire qu’on n’attendait pas du côté du PSG…

J comme Jardim
Pour Leonardo, cette saison résonne comme une valse à deux temps. Pour l’AS Monaco, c’est plutôt la cacophonie que l’on retient. Limogé en octobre après neuf journées au profit de Thierry Henry, le technicien portugais sera de retour aux affaires treize matches et trois mois et demi après son limogeage. Lorsqu’il revient fin janvier, l’AS Monaco compte 15 points et végète à l’avant-dernière place du classement. Jardim va donc sauver le club en engrangeant 21 points sur les 16 derniers matchs (total loin d’être flamboyant mais néanmoins suffisant). La série de sept matchs sans défaite après son retour avait même laissé entrevoir des ambitions européennes inespérées pour le club de la principauté. Les sept suivants sans victoire ont ramené le club à la réalité : une saison indigne au vu d’un effectif, certes grandement retouché suite aux départs de l’été dernier, mais tout de même de bonne qualité.

K comme Kenny Lala
Grosse prestation pour l’alsacien : neuf passes décisives et cinq buts pour le latéral droit. Un amour de saison qui rend le défenseur le plus prolifique des cinq grands championnats séduisants aux yeux de nombreux clubs, notamment le Napoli. Petit pincement au cœur quand notre DD national lui a préféré Léo Dubois, le strasbourgeois aura tout le temps de confirmer la saison prochaine, à un poste qui n’est acquis à personne chez les bleus. Quand la vie n’est pas jolie jolie, je chante Lala Lala.

L comme Lille
Sur la deuxième marche du podium après une saison pleine, la bande à Galtier (meilleur coach de L1) ira goûter à l’Europe la saison prochaine. S’il assure vouloir prôner le même jeu en 2019-2020, il faudra réussir un beau mercato cet été. Avec notamment l’irrésistible Nicolas Pépé et l’indéboulonnable Thiago Mendes annoncés sur le départ, les Dogues devront sortir les crocs sur le marché des transferts pour rester sur la même dynamique à l’exercice prochain.

M comme Moulin
Arrivé dans le Maine et Loire juin 2011, il est le deuxième technicien en poste depuis le plus longtemps sur un banc en Europe, derrière Diego Siemone. Et il vient de prolonger jusqu’en 2022. Si le Cholo quitte son poste cet été, c’est lui qui détiendra ce titre honorifique. Ce n’est néanmoins pas insignifiant puisque c’est en grande partie à lui que le SCO doit sa stabilité actuelle. Il dirigeait Angers pour la cinquième saison consécutive dans l’élite. Et le plaisir va durer une sixième année puisqu’il a encore permis au club de se maintenir relativement tranquillement. A défaut d’être flamboyant, ce que propose le SCO est toujours cohérent, avec notamment quelques joueurs talentueux (Tait, Bahoken), une révélation tardive (Reine Adélaïde) et un gardien solide (Butelle).

« Hey! C’est par là-bas qu’il faut marquer les gars! »

N comme Numéro un
Encore une fois, Kylian Mbappé a joué au premier de la classe. A 20 ans, il finit sa troisième saison pleine avec 33 buts, 6 passes en 29 matches. Il est évidemment meilleur buteur, meilleur espoir et meilleur joueur de la saison. Mais le plus étonnant dans tout ça, c’est que ça n’étonne plus personne. Le gars est déjà trop loin, trop grand, trop haut. La prochaine décennie de football est d’ores et déjà la sienne.

O comme Originalité
C’est avec des idées tactiques précises que Thomas Tuchel débarque au PSG à l’été 2018. Son plan de jeu ? Mettre en place un 3-5-2 pour s’appuyer sur les 3 défenseurs centraux de haut niveau dont il dispose (Thiago Silva, Marquinhos et Kimpembé). Mais surtout pour pouvoir placer son maître à jouer, Neymar, en électron libre derrière 2 attaquants, Cavani et Mbappé en l’occurrence. Quelques mois plus tard, bon nombre d’équipes de L1 se mettent également à jouer dans ce système : Lyon, Marseille, Monaco, Saint-Etienne… Simple manque d’originalité ou véritable projet de jeu de la part de ces coachs ? On a tendance (malheureusement) à opter pour la première option. On ne choisit pas un 3-5-2 du jour au lendemain, surtout quand on joue depuis des mois voire des années dans d’autres systèmes de jeu.

P comme Pizza
Au menu des Guingampais et des Caennais l’année prochaine, il y aura de la pizza. Cette bonne vieille Domino’s Ligue 2 les accueillera avec Dijon ou Lens. Finis les matchs sur Canal ou Bein, place aux Steak and Cheese, Cannibale et autres Forestière. Kombouaré, qui a fait couler Guingamp en bonne et due forme, et qui dirige actuellement les Dijonnais pourrait avoir double ration. Bientôt une pizza Super Kanak au menu ?

Q comme Quadragénaires
41, c’est l’âge de Vitorino Hilton qui a choisi de prolonger pour une saison du côté de la Paillade. Avec 36 matchs disputés, le doyen de la Ligue 1 reste un incontournable à Montpellier. Il pourrait souhaiter la bienvenue au club des 40 à Florent Balmont qui signe pour une saison de plus en Bourgogne, à 39 ans. Soutien total et inconditionnel à Benjamain Nivet tombé à 42 ans en terre champenoise cependant.

R comme Ratée
La seconde saison de Neymar à la capitale est encore une fois décevante. Pire encore, elle est inquiétante. Une blessure de plus juste avant le premier vrai défi européen du PSG -une fois n’est pas coutume- mais surtout un rôle de plus en plus contesté. S’il a quitté le Barça pour ne plus vivre dans l’ombre de Messi, ses performances moyennes et la progression croissante et rapide de Mbappé risquent de le mettre dans une position similaire tôt ou tard. Reste aussi à voir si le Ney’ choisira de relever le défi la saison prochaine ou de partir cet été.

« Aïe aïe aïe, vu d’ici, ça a l’air d’être le cinquième métatarsien »

S comme Sketch
Les protagnistes : Jean-Michel Aulas et Bruno Génésio. La scène : une conférence de presse lunaire au soir de la demi-finale de Coupe de France perdue contre Rennes. Aulas annonce que malgré son souhait de prolonger Génésio, les résultats actuels ne le permettent pas. Il s’en prend alors aux médias qui annonçaient déjà que l’entraîneur allait prolonger pour deux saisons. Sauf que c’est exactement ce qu’il se serait passé si Lyon avait remporté cette demi-finale. Quelques semaines plus tard, Génésio a la sagesse de partir de lui-même, et quand on voit la mini-révolution qui débute dans le Rhônes avec l’arrivée du duo Juninho-Silvinho, c’était finalement peut-être un mal pour un bien.

T comme Talent (manque de)
La Ligue des Talents, c’est le nouveau slogan de la LFP pour mettre en avant notre chère Ligue 1. Pourquoi ce slogan ? Parce que la France forme un nombre impressionnant de joueurs talentueux qui régalent les 4 coins de l’Europe. Mais c’est bien le problème, ils brillent surtout lorsqu’ils sont loin de l’hexagone, dans de grosses structures qui, selon leurs propres mots, leurs apprennent à devenir de vrais professionnels. Et c’est le niveau de notre L1 qui trinque, d’une médiocrité abyssale cette année. En témoigne le ratio de buts par match, le plus faible des cinq grands championnats européens.

La Serie A est un championnat défensif, disiez-vous.

U comme Ultras
Les ultras sont bannis des stades. A l’extérieur tout du moins. Et quel dommage pour tous nos stades, nos ambiances, notre Ligue 1. Les enjeux sécuritaires sont importants, c’est indéniable, mais l’interdiction pure et simple doit cesser. Les matchs européens des clubs français montrent au monde entier à quel point nos clubs ont du coffre, de la voix Et c’est grâce aux ultras. Alors laissons les chanter, car aujourd’hui ils sont inaudibles. Un peu comme des ultrasons.

V comme Véronique
Véronique Rabiot est la mère de joueur la plus connue de Ligue 1. Derrière tout l’imbroglio Rabiot, que l’on soit du côté du joueur ou de celui du club, il y a une figure : celle de Véronique. Mère poule, aux sorties médiatiques tranchantes, elle figure désormais dans le top cinq des recherches google qui commencent par son prénom. Dommage pour son talentueux fils qui n’a pas su couper le cordon. Quel prochain club subira les coups de la redoutable mère-agent, aka Rabiot-Lee ?

W comme Wahbi
Wahbi, l’aigle de Carthage qui a survolé la maison rennaise l’an passé avant de déployer ses ailes sur Geoffroy-Guichard l’été dernier. Auteur de treize buts et sept passes décisives, le Tunisien est pour beaucoup dans la réussite des Verts cette année. Seulement troisième meilleur joueur de l’équipe selon les supporters stéphanois, il mérite sans doute plus pour la saison la plus prolifique de sa carrière. Sera-t-il toujours vert l’an prochain ? Espérons en tout cas qu’il reste dans notre Ligue 1, car c’est un très bon plan à MPG.

Grosse dédicace à coach Jean-Louis

X comme Xeka-Mendes
Impossible de citer l’un sans l’autre. C’est ensemble que la paire de milieux de terrain relayeurs lillois ont réalisé une saison exceptionnelle. Tantôt récupérateurs, tantôt relayeurs, tantôt créateurs, les deux ont parfaitement su se compléter pour hisser le LOSC (presque) tout en haut de la Ligue 1. Pour un 11 type des Trophées UNFP plus cohérent, Xeka aurait pu figurer dans l’équipe aux côtés de son compère Mendes, à la place de Verratti ou Ndombélé. Malheureusement son nom est moins clinquant. Si le quatuor offensif lillois (Bamba Ikoné Pépé, accompagnés par Rémy, Leao ou Rui Fonte) a autant brillé, c’est avant tout grâce à eux.

Y comme Yankees
Les Yankees, groupe emblématique de supporters de l’OM, ont été dissous à l’été 2018. Ils n’ont donc pas assisté à la pitoyable saison de l’OM. Et ce n’est peut-être pas plus mal, tant les autres groupes ont passé leur saison à manifester leur mécontentement à l’encontre de la direction, pointant l’incohérence du projet et l’incompétence de l’indirection. En ligne de mire, le duo Eyraud – Garcia, coupables de choix plus que douteux, d’une communication désastreuse et d’une équipe montrant un niveau bien loin des ambitions affichées en début de saison. Petit exemple d’une banderole déployée lors d’un match pourtant gagné face à Nîmes.

Les supporters marseillais toujours plein d’amour

Z comme Zéro
Zéro, c’est le nombre d’attaquant de pointe de l’OGC Nice. Balotelli a bien fait quelques apparitions mais n’a pas marqué avant de partir à l’OM. Du coup il y a un trou béant, faiblement compensé par les autres attaquants de l’équipe. C’est simple, Nice a marqué 30 buts cette saison, soit de trois de moins que Mbappé en neuf matchs de plus ! Et le co-meilleur buteur de l’OGC n’est autre qu’un… défenseur, Youcef Atal. Mais la troisième moins bonne attaque est aussi la deuxième meilleure défense. Alors chapeau M. Vieira, car finir 7ème sans attaquant de métier, c’est fort.

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