Histoires de foot Rectangle vert

Dossier – 98/99, le monde aux pieds des Red Devils : la conquête du Royaume

Le triplé de Manchester United lors de la saison 1998-1999 est historique. Il est unique aussi. Pour sa finale de Ligue des champions bien sûr. Mais pour sa course folle au titre en Premier League aussi. Récit d'un championnat 98-99 pas comme les autres (partie 1 sur 3).

Seules sept équipes européennes peuvent se targuer d’avoir réussi le triplé Coupe-Championnat-Ligue des Champions. Le Barça à deux reprises (2009 et 2015), le Bayern de 2013, l’Inter de Mourinho en 2010, les Néerlandais de l’Ajax en 1972 puis du PSV Eindhoven en 88. Et avant cela au Royaume-Uni, le Celtic Glasgow en 1967. Cet exploit n’a été réalisé que par un seul club anglais : Manchester United et de quelle manière ! La lutte fût mémorable dans les trois compétitions, mais elle fût la plus âpre et la plus longue dans une Premier League à l’issue incertaine. Retour sur un sacre mérité mais ô combien compliqué.

Un combat continu

Quelle saison de Premier League ! Quel suspense et quel finish ! Un peu comme vingt ans après, le sacre s’est joué à la dernière journée. Le duel à couteau tiré a eu lieu entre les deux grandes écuries du moment, Arsenal et Manchester United, accompagnées d’un Chelsea de retour au premier plan.

Pour les Mancuniens, la saison 97/98, la première post-Cantona, leur est restée en travers de la gorge. Après avoir passé 18 journées consécutives en tête (entre la 12ème et la 29ème), ils se sont fait chiper la victoire par un Arsenal en feu sur la deuxième partie de saison (un point d’écart à la fin). Pour ne pas réitérer cette mauvaise expérience et récupérer leur bien, les Red devils se renforcent en faisant signer Yorke, Stam et Blomqvist. Le duel s’annonce à nouveau chaud.

Un 4-4-2 sauce Ferguson comme on les aime

Des débuts poussifs pour les Red Devils

Pourtant, le début de saison est pénible pour les Mancuniens. Signe prémonitoire ? Lors de la 1ère journée, les hommes d’Alex Ferguson sont sauvés à la 94ème minute par un coup franc de Beckham qui leur permet d’accrocher le nul 2-2 face à Leicester. Le Fergie Time est déjà en rodage… Un point pour débuter, c’est peu, mais c’est ce qui séparera les Red devils des Gunners à la fin de la saison. Ils en sont pourtant encore loin, enchaînent avec deux autres matchs nuls et se prennent une déculottée chez le rival d’Arsenal lors de la 6ème journée (3-0).

Parmi les rares satisfactions de ce début de saison on note tout de même les bons débuts de Dwight Yorke et les esquisses d’une entente prolifique avec Andy Cole en attaque. On constate également que les critiques envers Beckham suite à la Coupe du monde en France n’ont pas affecté la patte droite magique du milieu de terrain. Il distille les passes décisives et les coups francs léchés. Enfin, et cela se confirmera tout au long de la saison : Manchester marque beaucoup, mais sa défense est perméable. Tout le contraire des Gunners : ces derniers finiront en marquant et en encaissant 21 et 20 buts de moins que les Red Devils !

L’électrochoc d’Highbury a cependant lieu et les Diables rouges claquent quinze buts pour trois encaissés dans les cinq matchs suivants. Ils rejoignent alors à la première place une improbable équipe d’Aston Villa (leader pendant 13 journées cette saison-là, pour finalement finir 6ème).

Les fêtes de fin d’année ou le début d’une lutte sans merci

Le tournant de cette Premier League se fera cependant, et comme bien souvent en Angleterre, lors des festivités de fin d’année. Après le Boxing Day, les Mancuniens ne perdent plus aucun match (quand ils en avaient perdu trois lors de la 1ère partie de saison). Les Gunners, eux, encaissent seulement deux buts en quatorze matchs après Noël et ne perdront qu’un seul match jusqu’à la fin de la saison.

Que les deux clubs ait gagné le même nombre de points, à un près, lors de la 2ème partie de saison montre à quel point la lutte était serrée. Ce duo de tête a souvent été un trio, et dans ce mano a mano on oublie souvent que Chelsea aura été en embuscade tout au long de la saison. Mais les trois matchs nuls sur les cinq dernières journées, face à des équipes de moindre calibre, leur ont coûté un titre et un retard final de quatre points sur le leader. Être très bon ne suffisait pas cette année-là outre-manche, il fallait être exceptionnel. Et avoir ce petit quelque chose, qui au foot, fait parfois basculer un match, une saison, une carrière.

Un finish diabolique

Ce petit quelque chose a eu lieu lors de la 37ème  et avant-dernière journée. Leeds accueille alors Arsenal à Elland Road. Le match est incroyablement ouvert. Les équipes touchent les montants à plusieurs reprises et les Anelka, Kaba Diawara, et consorts manquent à plusieurs reprises de marquer ce but si cher dans la course au titre. Mais le sort ne voulait pas ce soit eux cette année. Et c’est Jimmy Floyd Hasselbaink qui, pour Leeds, vient planter une tête en fin de match. Le seul but du match, synonyme de défaite pour les Gunners et de 1ère place pour les Red Devils.  

Jimmy deux fois

Car le lendemain, Manchester, en match en retard de la 33ème journée, ne fait alors pas mieux que match nul à Blackburn. Cela énerve tellement Ferguson qu’il en oublie que ce nul est synonyme de relégation pour leur adversaire et son manager, Brian Kidd, ancien assistant de… Alex Ferguson. Il quitte le terrain sans un mot pour celui-ci. Mais ce 0-0 leur suffit pour reprendre la tête avant la dernière journée. Le destin entre leur main, ils n’ont plus qu’à accueillir et battre les Spurs pour la dernière journée dans le théâtre qui va devenir une nouvelle foi celui de leurs rêves.

Les souvenirs haletants de cette saison ne manquent pas. Et la dernière journée en est remplie. Pour illustrer leur saison Arsenal gagne d’un petit 1-0, résultat signature, sur un but du Nigérian Kanu. Du côté d’Old Trafford, le public tremble après une affreuse ouverture du score de Tottenham. Il exulte ensuite sur une lucarne de Beckham, présent dans tous les matchs à enjeu. Et comme un symbole, Sheringham a débuté la partie du côté de Manchester United, à la place de Cole, son rival, et face à Tottenham, son ancien club. Et comme un symbole, Sheringham se fait remplacer à la mi-temps par Cole qui plante un superbe but deux minutes après. Le dernier de la saison pour Manchester. Celui qui les couronne champions.

Apogée d’une Premier League sanglante et spectaculaire, cette saison restera dans les mémoires. Et pas seulement en tant que partie du triplé des Red Devils. Elle le restera pour elle-même, pour ses pelouses dégradées, pour ses maillots flottants, pour ses innombrables tacles les pieds décollés, pour ses cartons jaunes et rouges, pour ses chants et pour sa bruine. Premier League de bûcherons, elle consacre non seulement le foot anglais au plus haut niveau, outre-manche et sur la scène européenne, mais aussi le représente dans son essence même : le fighting spirit.

1 comment on “Dossier – 98/99, le monde aux pieds des Red Devils : la conquête du Royaume

  1. Ping : Dossier – 98/99, le monde aux pieds des Red Devils : Ligue des Champions 1999 ou comment United a remporté une finale déjà perdue – Penaltoche

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :