Rectangle vert

Quel avenir pour l’avenir catalan ?

Si elle a tourné à plein régime durant les dix dernières années, la Masia semble aujourd'hui en rade. Aperçu d'un des piliers du FC Barcelone.

Armé d’un centre de formation prestigieux, le Barça semble aujourd’hui délaisser une des plus solides fondations de son projet de jeu. En effet, la Masia étant de moins en moins valorisée dans la gestion du club, les jeunes joueurs n’ont que peu de temps de jeu et la plupart s’en vont à des prix dérisoires à l’issue de leur formation. Page définitivement tournée ou mise entre parenthèses provisoires ? On tente de faire le tour du sujet pour vous donner une idée.

Un centre de formation prestigieux

La Masia c’est avant tout un modèle. En 1978, alors que le scooting initié par l’Ajax commence tout juste à se généraliser, les catalans décident d’instituer un centre de formation dans leurs locaux. L’idée ? Faire venir les meilleurs jeunes des quatre coins du monde très tôt afin de leur inculquer les valeurs barcelonaises. Le respect de l’autre, la combativité mais aussi et surtout le jeu rapide en passes courtes et la conservation du ballon au service du fameux football total.

La Masia c’est aussi tout un système : une dizaine d’équipes, plus de 300 joueurs et surtout le FC Barcelona B. L’équipe seconde du club oscillant entre troisième et deuxième division sert historiquement d’échelle à des jeunes qui y font leur gammes avant de pouvoir espérer prétendre à quelques minutes de temps de jeu au service des grands. On ne compte plus les légendes du football passées par là : Xavi, Iniesta, Messi, Puyol etc…

Un remarquable succès qui force l’admiration. Alors bien sûr, parce qu’il est difficile de repérer ou garder constamment les meilleurs, il y a eu quelques couacs au compteur. On peut citer Mauro Icardi, parti en U19 ou Thiago Alcantara, facilement évaluable à trois fois plus que sa maigrelette clause libératoire de 25 millions d’€ de l’époque. Toujours est-il qu’une question se pose aujourd’hui : la Masia, c’est terminé ou cette période n’est qu’un simple passage à vide ?

Jeunesses dorées

L’âge d’or sous Guardiola

C’est sous Guardiola que la Masia a peut-être trouvé tout son sens. Son amour du Tiki-taka collait parfaitement à la philosophie prônée par le club depuis des décennies et son implication sans faille auprès des joueurs l’a amené à propulser au plus haut les plus grosses pépites du centre de formation : le trio Iniesta, Xavi, Messi. Un travail largement récompensé par 14 trophées en 4 saisons, faisant de lui l’entraîneur le plus titré du club.

La consécration de cet âge d’or du Barça dépassera les frontières de la catalogne: lors de la finale victorieuse de l’Espagne sur les Pays-Bas en 2010, pas moins de six joueurs formés à Barna ont été alignés : Xavi, Iniesta, Piqué, Puyol, Pedro et Busquets. Rien que ça! En 2012, pour la première fois en Europe, le regretté Tito Vilanova, digne successeur du Pep, aligne un onze 100% Masia. Une belle réussite là encore qui se solde par une grande fessée 4-0 infligée à Levante sur son propre terrain.

Néanmoins, on sent aujourd’hui un Barça beaucoup moins centré sur ses jeunes. On distingue une préférence pour les transferts très coûteux (Neymar, Dembélé, Coutinho…), ce qui aurait été inimaginable il y a dix ans. Alors même si cette année, le Barça de Valverde roule sur l’Europe, on peut se poser des questions sur la stratégie suivie pour les prochaines années : il est très clair que lorsque Léo s’arrêtera, la relève ne sera pas assurée, du moins elle ne viendra pas du centre de formation.

Hip Pep Pep Hourra.

L’écart se resserre

Si les Messi, Busquets, Alba encore présents font rayonner la Masia, ils sont des cadres depuis bien longtemps: aujourd’hui les jeunes on va les chercher ailleurs. Que ce soit des réussites (Lenglet) ou des bilans plus mitigés (Yerry Mina et Malcolm), le Barca ne tape plus dans la Masia. Pire encore, la B n’est plus le tremplin qu’elle fût et les joueurs y sont de plus en plus vieux. A tel point que de nombreuses jeunes pousses telles que Martinez, Fali ou encore Caradona s’en vont voir ailleurs.

Toujours moins rassurant, la concurrence atteint un niveau de maturité de plus en plus grand en termes de formation à mesure que le rayonnement de la Masia décroît. Il suffit de regarder du côté de l’éternel ennemi Merengue et ses Casemiro, Nacho, Asensio ou autres Vázquez pour s’en rendre compte. Même constat lorsqu’on s’intéresse aux plans de Simeone: on tombe sur des Hernandez, Koke, Gabi ou Saul.

Les catalans se doivent donc de se pencher de nouveau sérieusement sur le sujet, afin de ne pas perdre tout leur savoir-faire et leur prestige dans le domaine. D’autant plus que si le Barça aura pu être précurseur sur le sujet, le reste de l’Europe en a saisi l’importance, et cela semble faire ses preuves. Ce n’est pas la vague de fraîcheur apportée par l’Ajax en Champion’s League qui nous fera mentir : il est donc temps pour le Barça de repenser à l’avenir de son avenir.

À propos Clément

Mes parents se sont rencontrés à la buvette du foot. Ça explique sûrement mon amour pour le football et la bière.

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