Histoires de foot

Les cinq autres finales de Coupe de France qui se sont jouées aux tirs au but

Les tirs au but c'est cruel, surtout en finale. Les Parisiens en ont souffert autant que Ben Arfa s'en est régalé. Mais ce dénouement n'était pas une première. Retour sur les cinq précédentes éditions décidées de la sorte

Samedi, aux alentours de 23h50, Christopher Nkunku, 6ème tireur parisien, se présente face à Tomas Kubek. Il envoie son tir largement au-dessus de la barre transversale et le Stade Rennais remporte cette Coupe de France 2019 aux tirs aux but contre le Paris Saint-Germain (6-5). C’est la sixième fois que l’issue d’une Coupe de France se décide lors de cet exercice si particulier. Quelles ont été les cinq fois précédentes ? La réponse ci-dessous.

Rappelons tout d’abord que ce n’est qu’à partir des années 1970 que l’épreuve des tirs aux but est instaurée en compétition. Cela fait suite à une proposition émise en 1968 par l’israélien Yosef Dagan. Jusqu’alors, lorsque deux équipes n’arrivaient pas à se départager à l’issue des prolongations, le match était rejoué.

1) Sochaux-OM, 2007 (2-2, 6 TAB à 5)

En ce samedi 12 mai 2007, l’OM affronte le FC Sochaux Montbéliard en finale de la Coupe de France. L’occasion pour le club phocéen de garnir un palmarès désespérément vide depuis la Coupe d’Europe des Clubs Champions remportée en 1993. L’OM retrouve la finale un an après s’être incliné contre son rival, le Paris Saint Germain (2-1 le 29 avril 2006) en passant totalement à côté de son match. Cette fois l’occasion est trop belle, et Marseille est archi favori de cette rencontre. D’autant plus que deux semaines plus tôt en championnat, les hommes d’Albert Emon s’étaient largement imposés face à ceux d’Alain Perrin (4-2 au Vélodrome).

Le début de match est conforme aux attentes, et dès la 5ème minute de jeu, Djibril Cissé ouvre le score sur un service de Samir Nasri. Las, l’OM ne parvient pas à poser sa patte durablement sur la rencontre et se fait rejoindre à la 67ème minute lorsque Dagano propulse un centre de Jerôme Leroy dans les filets marseillais d’un Carrasso battu. C’est sur ce score de parité que s’achève la rencontre. Place aux prolongations. Le même scénario se reproduit, puisqu’à la 98ème minute, l’OM reprend l’avantage. Djibril Cissé, encore lui et encore de la tête, reprend victorieusement un centre de Toifilou Maoulida. A la 115ème minute, alors qu’il ne reste que cinq minutes à tenir pour l’OM avant de soulever le trophée, Sochaux parvient à égaliser par l’intermédiaire d’Anthony Le Tallec.

Ce sont donc les tirs au but qui vont départager les deux équipes. Jérémie Bréchet, le capitaine sochalien, gagne le toss et choisit de tirer en premier. Les deux premiers tireurs, Karim Ziani et Taye Taïwo, marquent, tout comme le deuxième tireur sochalien, Valter Birsa qui donne l’avantage à Sochaux dans cette séance, 2-1. Pour l’OM, le deuxième tireur n’est autre que l’homme aux bandelettes, Toifilou Maoulida, qui prend énormément d’élan avant de buter sur Teddy Richert. Sochaux mène toujours 2-1. Côté sochalien, Anthony Le Tallec et Jérôme Leroy marquent les deux TAB suivants, tout comme Lorik Cana et Djibril Cissé côté marseillais. Le score est donc de 4-3 en faveur de Sochaux. Si Jérémie Bréchet marque, Sochaux remporte la Coupe. Il s’élance, frappe sur la gauche de Carrasso qui repousse la tentative. L’OM est en sursis, et Samir Nasri doit transformer sa tentative pour rester en vie. Ce qu’il fait de fort belle manière en décrochant un tir croisé hors de portée de Richert. 4-4 à l’issue des 5 TAB réglementaires, place à la mort subite.

Philippe Brunel est le 6ème tireur sochalien. Il transforme sa tentative d’un tir croisé à ras de terre. Ronald Zubar, le défenseur central marseillais, a la lourde tâche de devoir marquer pour garder l’OM en vie. Sa frappe, à mi-hauter, ni très puissante ni très bien placée, est repoussée par Richert. Le gardien sochalien exulte, l’OM est à terre et Sochaux remporte sa deuxième Coupe de France, 60 ans après la première. Terrible désillusion pour les marseillais qui s’inclinent en finale pour la deuxième année consécutive, cette fois de la plus cruelle des manières

Zubar il a raté, Zubar il a raté

2) Strasbourg-Amiens, 2001 (0-0, 5 TAB à 4)

Ce n’est pas peu dire que la finale de l’édition 2001 de la Coupe de France est une surprise. Le Racing Club de Strasbourg, bon dernier de Division 1 et déjà relégué pour la saison suivante, est opposé à Amiens, pensionnaire de National (ndlr : Division 3) et invité surprise à ce stade de la compétition. Les Picards n’ont pas volé leur place puisqu’ils ont sorti en demi-finale l’ESTAC, solide 7ème de D1 cette année-là. Ils seront également promus en Division 2 à l’issue de la saison. Une chose est donc sûre, une équipe de Division 2 jouera la Coupe de l’UEFA lors de la saison 2001-2002.

La saison des alsaciens en championnat relève du cauchemar. Malgré un effectif de qualité, ils finiront lanterne rouge de ce cru 2000-2001. L’alchimie n’a pas pris entre des jeunes prometteurs, Beye, Luyindula, Ljuboja, Johansen et des cadres expérimentés, Bertin, Martins, Fischer, Camadini, Ismaël et bien sûr le légendaire gardien paraguayen recruté à l’été 2000, José Luis Chilavert. Pour les hommes d’Yvon Pouliquen, c’est l’occasion rêvée de sauver une saison cauchemardesque en offrant un trophée au peuple alsacien venu en masse dans les tribunes du Stade de France. Pour les hommes de Denis Troch cette finale est la cerise sur le gâteau d’une saison réussie. Seul un exploit retentissant pourrait offrir aux amiénois le premier trophée de leur histoire.

Malheureusement, il n’y a que l’histoire autour de cette finale et l’ambiance en tribunes qui valent le coup. La qualité du match est plus que médiocre et les strasbourgeois, malgré un domination territoriale nette, peinent à se créer des occasions franches. Au bout de 120 minutes, les deux équipes sont toujours dos à dos, 0-0. Place à une séance de tirs au but qui est marquée de la patte de l’immense gardien paraguayen. Malgré une saison en demi-teinte et des prestations plus que moyenne, il profite de cette séance pour devenir un héros à Strasbourg. Alors que le score est de trois partout et que tous les tirs ont été jusque-là, il repousse la tentative du 4ème tireur amiénois, Jean-Paul Abalo. Valérien Ismaël donne l’avantage aux racingmen avant que Laurent Strzelczak n’offre un sursis aux picards. Chilavert lui-même se charge du tir au but décisif et d’une frappe croisée au ras du sol offre au Racing son troisième succès dans cette compétition, après ceux de 1951 et 1966.

Le RCSA en featuring avec Jose Luis Chilavert

3) Nice-Guingamp 1997 (1-1, 4 TAB à 3)

Cette finale de la Coupe de France 1997 marque la fin d’une époque. En ce 10 mai se dispute la dernière finale au Parc de Princes. A partir de l’année suivante, c’est le tout nouveau Stade de France, à Saint-Denis, qui accueillera l’événement. L’OGC Nice retrouve pour l’occasion l’En Avant Guingamp. L’EAG termine la saison dans le ventre mou, à une quelconque douzième place, tandis que l’OGC Nice termine bon dernier de D1 avec seulement cinq petites victoires en 38 matchs. Lors de cette finale, les bretons vont tenter d’ouvrir leur palmarès dans cette compétition, alors que les Aiglons lorgnent sur un troisième succès dans l’épreuve après ceux de 1952 et 1954.

Les niçois ont tout donné pour atteindre cette finale (au détriment du championnat ?) en s’imposant pas moins de quatre fois à l’extérieur en seizième, huitième, quart et demi-finale. Ce sont eux qui rentrent du meilleur pied dans la rencontre et qui ouvrent logiquement la marque à la 21ème minute de jeu par Salimi, qui dévie de l’épaule droite dans les filets une tête de Fugen au second poteau sur un corner de De Neef. Les guingampais prennent alors le match à leur compte mais sans parvenir à faire sauter le verrou niçois. Il faut attendre le dernier quart d’heure, précisément la 78ème minute, pour voir le latéral gauche breton, Nicolas Laspalles, réaliser un geste digne des meilleurs attaquants. Suite à un coup franc de Carnot renvoyé par la défense niçoise, Laspalles hérite du ballon à l’entrée de la surface, réaliser un petit pont sur Fugen avant de décocher une lourde frappe sous la barre de Bruno Valencony, le portier niçois. 1-1.

Le score est toujours d’un but partout au bout des 90, puis des 120 minutes de jeu. Le sort de cette rencontre se décide donc aux tirs au but. La séance commence de la pire des façons pour les costarmoricains quand l’attaquant Stéphane Carnot, premier tireur, voit son tir repoussé par Valencony. Les niçois réussissent quant à eux leurs trois premières tentatives, les guingampais inscrivent les deux suivants celle de Carnot. Le score est de 3-2 lorsque Louis Gomis rate sa tentative devant le portier guingampais Angelo Hugues. Jean-Luc Vannuchi ramène les bretons à 3-3. Arjan Vermeulen redonne l’avantage aux niçois, 4-3. Charge à l’enfant du pays, Coco Michel, de remettre les deux équipes à égalité. L’emblématique joueur guingampais, 12 ans de carrière et 438 matchs pour l’EAG, échoue devant Valencony et offre à l’OGC Nice sa troisième Coupe de France.

Valencony que les guingampais

4) Metz-Sochaux, 1988 (1-1, 5 TAB à 4)

Le FC Sochaux Montbéliard, pensionnaire de Division 2, est l’invité surprise de ce 11 juin 1988 en finale de la Coupe de France. Dans l’équipe figure pourtant plusieurs noms connus du football français, Franck Silvestre, Faruk Hadzibegic, Franck Sauzée, Mehmed Bazdarevic, Mickaël Madar et le capitaine, le regretté Stéphane Paille. De son côté, le FC Metz s’est hissé jusqu’en finale en n’affrontant que des équipes de division inférieure, une première dans l’histoire. Et pour finir en beauté, c’est une nouvelle fois le cas lors de cette finale. On retrouve également quelques noms familiers côté messin, avec Albert Cartier, Philippe Hinschberger ou encore Sylvain Kastendeuch.

Les deux buts de la rencontre sont inscrits en première mi-temps. Pour une fois, les joueurs du Doubs prennent les devant (d’habitude, dans le Doubs on s’abstient) et ouvrent le score à la 36ème minute par Stéphane Paille. Cette avance ne dure que neuf minutes et les lorrains font honneur à leur statut d’équipe de Division 1 en égalisant juste avant la mi-temps par l’intermédiaire d’Éric Black. Aucun autre but n’est marqué dans le reste du temps réglementaire, ni au cours des prolongations. Ce sont les tirs au but qui vont désigner le vainqueur de cette 71ème édition de la doyenne des compétitions du football français.

Metz a l’avantage de tirer en premier lors de la séance. Sur les neuf première tentatives, les deux gardiens, Michel Ettorre côté messin et Gilles Rousset côté sochalien, ne peuvent rien. Les lorrains mènent donc 5-4 quand c’est au tour de Mickaël Madar, même pas 20 ans, de s’élancer. Il échoue, s’écroule au sol de désespoir, et laisse les grenats se ruer sur leur gardien Michel Ettorre qui vient de repousser la tentative du jeune attaquant sochalien et par-là même offrir à son club la deuxième Coupe de France, quatre ans après la première en 1984.

L’ouverture du score sochalienne ne fut qu’un feu de paille

5) Paris Saint-Germain-Saint-Étienne, 1982 (2-2, 6 TAB à 5)

En 1982, la période de domination des Verts sur le football français touche à sa fin. Ils sont encore champions de France en titre mais ne remporteront ensuite plus aucun titre majeur jusqu’à la Coupe de la Ligue 2013 (si l’on excepte deux titres de champion de France de Division 2). Cette saison 1981-1982 est le symbole de cette fin de règne puisque les stéphanois terminent vice-champions de France et s’inclinent donc en finale de la Coupe. De son côté, le PSG est un club jeune, à peine 12 ans d’existence, au palmarès encore vierge. C’est peu dire que les parisiens ne sont pas favoris en ce 15 mai 1982 face à Saint-Etienne.

Le PSG tient pourtant la dragée haute à l’ogre stéphanois et ouvre même le score par Toko à la 58ème minute. Les Verts reviennent au score à la 76ème minute par Michel Platini. Place donc aux prolongations durant lesquelles Saint-Étienne pense prendre un avantage définitif lorsque Platini réalise le doublé et redonne l’avantage aux foréziens à la 99ème minute. Saint-Etienne va donc soulever sa 7ème Coupe de France quand Dominique Rocheteau, joueur mythique des verts pendants les années 1970 et transféré au PSG à l’été 1980 au PSG, égalise à la toute dernière minute des prolongations. Parisiens et stéphanois vont donc se départager aux tirs au but. A cette occasion, Francis Borelli, le président parisien, fou de joie, embrasse la pelouse.

Les deux équipes réussissent leurs cinq premières tentatives. Place à la mort subite. Comme un symbole, le capitaine stéphanois Christian Lopez, sixième tireur, voit sa tentative repoussée du pied par Dominique Baratelli. Le défenseur parisien Jean-Mac Pilorget ne tremble pas et prend Jean Castaneda à contre-pied pour offrir au club de la capitale la première coupe de France de son histoire. C’est la fin d’une époque pour Saint-Étienne, qui va voir son équipe se déliter et notamment son meneur de jeu et meilleur joueur français de l’époque, Michel Platini, quitter le club à la fin de la saison pour rallier la Juventus de Turin.

Et l’ange vert devint diable

À propos Robin

Le football, c'est comme un iceberg, si on ne le regarde qu'à travers le prisme des résultats, on n'en voit que les 15% émergés, et on en rate l'essentiel: le jeu, les histoires, la dramaturgie, la construction d'une victoire, les rapports de force qui se défont au cours d'un match. Bref, tout ce qui fait que le football n'est pas une passion mais bien plus que cela!

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