Carte blanche

De la démocratie en MPG

Les gilets jaunes, on aime ou pas, mais on ne peut nier qu'ils ont eu une conséquence dramatique le week-end du 8 décembre : sur MPG, la journée 17 de Ligue 1 a tout bonnement été annulée.

L’ampleur d’un mouvement social se jauge aussi à l’aune de la diversité des institutions touchées par celui-ci. A ce titre, la protestation des gilets jaunes est de taille. Au-delà du fait qu’elle va faire faire perdre 1 point de PIB à la France, que tous les ministères sont sur le pont, que les stations-service en Bretagne sont vides, que la Réunion n’était pas loin de la guerre civile et qu’une préfecture a été brûlée, une autre conséquence dramatique a eu lieu le week-end du 8 décembre : sur MPG, la journée 17 de Ligue 1 a tout bonnement été annulée. Retour sur une décision qui a fait parler dans les chaumières, c’est le moins que l’on puisse dire…

Une communauté divisée

Et oui… Les policiers et gendarmes nécessaires pour assurer la sécurité des matchs de Ligue 1 dudit week-end étaient réquisitionnés pour contenir les débordements des jaunes. D’ailleurs, depuis ce week-end du 8 décembre, la majorité des matchs de Ligue 1 se jouent le dimanche, avec un mini multiplex à 15h. Ce ne serait pas forcément une mauvaise idée de conserver ce fonctionnement à l’avenir. Revenons à nos moutons de la J17 : six matchs sur dix ont été reportés, dont tous ceux des grosses équipes sauf Lille. Résultat : oublie le triplé de Mbappé que tu espérais, range la valise que tu t’apprêtais à sortir et espère plutôt que Falcao va se faire les croisés mercredi : la journée MPG a été annulée. Récit d’un week-end instructif.

Deux camps se sont fait face. D’un côté, les pro-maintien. Qui ont avancé trois principaux arguments. D’abord, l’amoureux des règles : la règle était que si au moins un match se jouait, on maintenait la journée. La règle c’est la règle donc on maintient. Oublie l’esprit, c’est la loi qui compte.

Le deuxième était celui de David contre Goliath. Tous les gros joueurs sont absents ? Très bien c’est l’occasion de mettre en valeur les petits joueurs et les entraîneurs « audacieux » qui ont misé sur des joueurs inconnus (ou les parieurs un peu nuls qui se sont retrouvés tout seul au 3ème tour du mercato…). La dernière c’est celle des rageux : avec le black market, il est possible de faire des transferts de joueurs en permanence. Certains, au regard des reports en ligue 1, ont vendu leurs meilleurs joueurs pour acheter ceux des effectifs des matchs maintenus. Raté. Nul. Ils l’ont donc bien dans le baba.

En face, on devine aisément les arguments des pro-annulation. Le spectre va de ceux qui n’ont pas opté pour le black market (qui est une aberration si l’on considère l’esprit mpg et l’esprit du foot) ; à ceux qui sont en effet un peu dégoutés pour leur achat de Neymar à 200 M € en passant par ceux qui défendent l’équité dans la compétition et que ça ne dérange pas de décaler la journée MPG d’une semaine.  Les arguments, commentaires, insultes fusaient. Le dialogue était nourri. Il a fallu se décider.

La démocratie MPGesque

Le respect des règles a, dans un premier temps, prévalu. Au motif que moins de 50% des matchs aient été annulés (c’était alors le cas), l’équipe MPG ne pliait pas devant les commentaires toujours plus nombreux  en faveur d’un report. Lorsque ce pourcentage a atteint les 60%, à situation exceptionnelle, elle se devait de répondre de manière exceptionnelle. La décision a donc été soumise au vote de la populace.

Ouvert pendant près de trois heures, le vote a permis à plus de 80 000 personnes d’exprimer leur opinion. Encore une heure et ce chiffre était plus important que celui des gilets jaunes. Le résultat est sans appel : plus de 58% pour l’annulation. Le peuple MPG a parlé, et il a pu décider.

L’équipe MPG a de son côté dû affronter une situation de crise comme cela ne s’était pas vu depuis la création du jeu. D’une « petite » crise, le mouvement a pris une ampleur imprévue et les plaintes ont proliféré, les obligeant à agir.

Alliant réactivité et adaptabilité, ils sont revenus sur leur position. Mais la décision ne pouvait pas, ne pouvait plus leur revenir. Trop de personnes s’étaient exprimées, avaient montré un intérêt pour la question.


Des joueurs font montre de leur colère devant le 91 rue du Faubourg Saint-Denis

Ils auraient pu décider, de manière autoritaire. Après tout c’est leur jeu, leurs règles. Mais non, ils ont rendu le jeu à ses joueurs, non à ses créateurs. La décision est tombée, ne souffrant d’aucun conteste et s’appuyant sur une légitimité qui est celle du suffrage direct.

MPG met l’homme à nu

Cet épisode a montré la vilénie de l’espèce humaine (rien à voir avec Renaud). Et on le voit aujourd’hui aux derniers commentaires sur la page Facebook de MPG. Car les pro-maintien, derrière leurs arguments fallacieux, n’avaient qu’en tête de gagner, quelles que soient les conditions. Ce qui dictait leur opinion n’était pas le sens du jeu, le fair-play, l’équité. Il ne s’agissait que de gagner, au détriment de toute égalité.

Mais quelle est la valeur d’une victoire lorsqu’elle repose sur des conditions biaisées ? Elle ne peut être belle que si elle est méritée. Alors oui, la gagne doit être l’objectif numéro un mais pas n’importe comment. La fin ne peut pas justifier tous les moyens.

MPG a en son sein largement assez l’aléatoire, entre les blessures, les suspensions, les calendriers, pour que ne viennent s’ajouter des éléments intrinsèquement inéquitables. Ce genre d’arguments égoïstes est symptomatique d’un syndrome inquiétant : l’appât de la victoire prenant le dessus sur le plaisir et le jeu.

Car il faut rappeler que MPG n’est qu’un jeu. Certes addictif. Certes qui touche au plus profond des compétiteurs que nous sommes car il lie les amis et le foot. Et plutôt que de cracher sur eux, il faudrait remercier les créateurs et salariés de MPG de nous amuser toutes les semaines.

Car ils ont fait face à une crise majeure mais ont tout à la fois respecté leur esprit et su trouver une solution convenable à celle-ci : en demandant son avis à la communauté MPG, ils ont réaffirmé l’identité de ce jeu : populaire, authentique et amusant. Il y a bien de la démocratie en MPG.


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