Edito

Le penalty, c’est la vie

La profession de foi de Penaltoche

Définition : Au football, sanction prise contre une équipe pour une faute commise dans sa propre surface de réparation. (Le ballon est placé à 11 m du but, dans l’axe de celui-ci, et le gardien demeure seul face au tireur.)

Qu’est réellement le pénalty ?

Le penalty est personnel, au cœur d’un duel et pourtant si collectif.
Sa célébration, sa joie, sa tristesse se transmet d’une dizaine de joueurs à des millions de supporters.

Il est censé émaner de lui la justice mais est pourtant souvent inique.
Ce qui le rend unique c’est qu’on criera le plus à son oubli.

Il nourrit le débat, oppose les défenseurs de l’impartialité et les ambassadeurs de la mauvaise foi.
Cette même foi, bonne ou mauvaise, que l’on accorde à son tireur ; cette effigie que l’on est prêt à dresser à son gardien ; c’est l’amour que procure le football qui s’exprime alors.

Cet amour, le penalty le doit autant à l’instinct qu’au travail.
Geste travaillé, répété, si semblable dans la forme et si différent dans le fond.

Car c’est bien le fond des filets qui est visé, mais si tu trembles tireur, les filets ne le feront pas et alors c’est toi alors qui y ira toucher le fond.

Au fond, la charge d’un penalty est singulière: la pression est sur les épaules du tireur quand le gardien a tout à gagner. Comme si le but était déjà marqué mais que le goal pouvait l’annuler.

D’ailleurs, le penalty peut être annulé, retiré. C’est un moment où ta joie peut t’être retirée.
Pour un pied, une jambe dans la surface. Jamais l’arbitre n’est alors aussi arbitraire.

L’arbitre, son sifflet et son bras tendu : sources d’une tension comme nulle autre dans un sport qui se veut en mouvement mais qui pourtant doit s’arrêter le temps d’un tir. Tout comme le temps.

Le temps de devenir une idole ou un parjure. Des secondes qui deviennent des heures.
A l’heure de devenir un champion, ces secondes sont pour l’éternité.

Le penalty peut être rusé comme violent, léché, chanceux ou incongru.
La grande majorité des adjectifs peuvent s’apposer à un penalty ; s’y opposer, question de point de vue.

Ce point de vue des deux acteurs si différents: quand l’un toise le stade et l’ensemble du terrain, l’autre n’a qu’un but et une tribune où poser son regard.

D’ailleurs le regard s’y mêle. Il mate à droite: coup de bluff ou coup d’échecs? 
Le matador trépigne, ses petits pas en disent long. Il vise l’échec et mat.

Le placement est étudié, la gestuelle réfléchie. C’est le moment où le gardien déploie ses ailes pour s’envoler. Il veut te faire sentir l’enfer s’ouvrir sous tes pieds.

Car l’enfer est à portée, la distance est connue: 11 petits mètres à parcourir pour franchir une ligne. Nul besoin d’être un sniper ; trop loin pour un coup de poing : c’est du pied qu’il faut attaquer.

Assure et croise en bas à gauche. Ose et enroule en haut à droite.
Sois fou et joue-la comme Zidane un soir de juillet 2006.

Alors croise les doigts mon petit,
Cache tes yeux ma femme,
Détourne toi maman,
Crispe ta mâchoire papa,
Et sois prêt à exulter pour ton héros.

Car tu l’auras compris le penalty c’est du sérieux.
Trop sérieux même, appelons-le penaltoche.

Et souviens-toi d’une chose : lors d’un penalty il n’y a pas de match nul.
Tu gagnes ou tu perds, mais c’est la vie.

0 comments on “Le penalty, c’est la vie

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :